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Saccage du droit international : face à la lâcheté du Conseil fédéral, l’urgence citoyenne d’agir!

Aujourd’hui, le monde voit le retour brutal de la loi du plus fort des puissances imposant leur volonté par la violence et l’impunité, au mépris du droit international. La Russie persiste dans son agression contre l’Ukraine, violant la Charte des Nations Unies. Les États-Unis, appliquant une doctrine unilatérale inspirée d’Israël, s’affranchissent totalement de ce droit : menaces au Panama et au Groenland, séquestration du président vénézuélien, blocus de Cuba condamné par l’ONU, agressions contre l’Iran. Israël, avec l’appui des USA et l’inaction complice de l’Europe – y compris la Suisse –, avance en toute impunité dans son objectif d’anéantissement du peuple palestinien avec le génocide à Gaza, les pogroms en Cisjordanie, la peine de mort réservée aux Palestinien-nes et la torture des prisonnier-ères, afin de réaliser le rêve sioniste du Grand Israël. Ajoutons l’agression rwandaise en RDC (condamnée par l’ONU), l’annexion du Haut-Karabagh par l’Azerbaïdjan, les menaces indiennes sur les eaux de l’Indus et les hostilités Cambodge–Thaïlande : autant de symptômes du saccage du droit international et de l’agonie de l’ONU ou du moins de son rôle.

Face à cette logique de force et de guerre, amplifiée par les reculs démocratiques mondiaux, un engagement sans double standard s’impose pour obtenir le respect du droit international et de la Charte des Nations Unies. Réjouissons-nous que notre parti s’engage résolument dans ce sens. Mais cet engagement incombe d’abord aux autorités des démocraties comme la Suisse. Le Conseil fédéral, s’il veut réellement sauver la Charte des Nations Unies, le droit international et le droit humanitaire, ne peut se limiter à de timides condamnations verbales, des restrictions partielles sur l’exportation des armes ou des convocations formelles d’ambassadeurs. L’effondrement du droit international tient à la perte de crédibilité des États comme la Suisse, qui l’invoquent sélectivement selon leurs intérêts économiques ou affinités ministérielles.

Pour éviter la barbarie et la guerre généralisée, il faut des actes concrets : condamnations claires, sanctions effectives. La Suisse, petit pays redevable au droit international et bénéficiaire de celui-ci, a tous les atouts pour mener un mouvement mondial en sa faveur. Mais aujourd’hui, il manque au Conseil fédéral volonté politique et courage – c’est donc à nous, citoyennes et citoyens, d’y remédier pour un avenir de paix !

Carlo Sommaruga
Conseiller aux Etats — Avocat, Président ASLOCA Suissse, Président Solidar Suisse

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