L’UDC drape son initiative d’un libellé qui sonne bien : initiative pour la durabilité ! En réalité, il s’agit d’isoler la Suisse et de stigmatiser la population étrangère, quel que soit son statut. L’UDC ne s’embarrasse pas de nuances. Toute personne venue d’ailleurs contribuerait à engorger nos transports publics, à occuper nos logements, à menacer le bien-être d’une Suisse de carte postale.
Si l’initiative était acceptée, les accords bilatéraux dont la libre circulation des personnes, plusieurs fois confirmés en votation populaire, seraient abrogés.
Or, sans le personnel qualifié de l’Union européenne et de l’AELE, beaucoup de secteurs s’effondreraient. Il y a déjà maintenant plus de retraité-es que de jeunes entrant sur le marché du travail.
Dans le secteur de la santé, une limitation de l’immigration aboutirait à des fermetures d’hôpitaux et de maisons de retraite. La pénurie de main d’œuvre toucherait aussi de nombreux autres secteurs comme la construction ou la restauration.
Les auteur-rices de l’initiative feignent d’ignorer que la main d’œuvre étrangère ne participe pas seulement à faire tourner notre économie mais cotise à nos assurances sociales et alimente en particulier le fonds AVS. Les ressortissant-es des pays de l’AELE et de l’UE contribuent à plus de 25 % au financement de l’AVS mais reçoivent moins de 15 % de prestations.
En menaçant les accords bilatéraux, cette initiative va détruire ce qui a été patiemment mis en place ces dernières années, à savoir les mesures d’accompagnement qui permettent de protéger les salaires et les conditions de travail. La sous-enchère salariale est en effet néfaste tant pour les travailleurs et travailleuses de notre pays que pour les personnes migrantes que l’on pourra à nouveau exploiter sans limite.
Cette initiative fera pression sur les salaires et n’apportera aucune solution pour le bien-être de la population. L’initiative exige aussi que le regroupement familial soit limité pour les ressortissant-es de l’UE et vise à supprimer le droit d’asile en dénonçant d’importants accords internationaux relatifs aux droits humains.
Enfin, dans un domaine aussi complexe que la démographie, vouloir fixer un plafond de population est aussi vain qu’arbitraire. Mais la gestion de la complexité n’est visiblement pas inscrite dans le logiciel des auteur-rices de cette initiative.
Pour toutes ces raisons, il faut rejeter ce texte qui conduirait la Suisse dans une impasse.