Aller au contenu directement

Promettre plus de beurre que de pain

« Baisses d’impôts : Genève peut se le permettre »… À l’heure de faire les comptes, cet engagement de Nathalie Fontanet résonne auprès des citoyen-nes qui lui ont naïvement donné du crédit.

En automne 2024, plusieurs baisses d’impôts massives pour les personnes physiques ont été approuvées sur cette promesse : Genève a les moyens de financer ces généreux cadeaux fiscaux, sans couper dans ses prestations.

Il n’aura pas fallu un an pour voir Nathalie Fontanet changer radicalement de discours : notre Canton souffrirait en fait d’un problème structurel de dépenses trop élevées. Le fait que la Ministre des finances ait elle-même en 2024 aggravé la baisse d’impôts sur le revenu voulue par ses propres troupes ? Passé sous silence.

Dans ce contexte, trois rendez-vous ont rythmé le printemps parlementaire : les comptes 2025 (ci-après C25), le projet de budget 2026 bis et le plan d’économies. Passons sur le budget dont le rejet rapide semble acquis.

Les C25 confirment eux un scénario désormais bien établi  : exercice après exercice, les finances du Canton démentent le catastrophisme budgétaire ambiant des libéraux et nationalistes. Alors qu’un déficit de 256 millions était projeté, l’exercice se clôt finalement sur un excédent de 50 millions. Pour la 6e fois d’affilée… Mais cette année, l’enjeu est ailleurs.

Les C25 nous livrent des enseignements importants : l’impôt sur la fortune diminue de 163 millions (C25 vs C24) et, contrairement à ce que l’on lit parfois, l’impôt sur le revenu est lui aussi en recul sur l’exercice fiscal 2025 (estimation à -24 millions). Tout compte fait, le coût total des baisses d’impôts entrées en vigueur en 2025 s’élève à un demi-milliard. Autant d’argent qui manquera chaque année dans les caisses publiques.
Ce chiffre vertigineux correspond à la folle ambition du plan d’économies attendu en juin 2026 et porté par la majorité du Conseil d’État. Autrement dit, le même ordre de grandeur que les formidables cadeaux fiscaux aux ménages les plus aisés du Canton.

Dans le même temps, la majorité de la population est toujours plus écrasée sous la pression des loyers et des assurances maladies. Face à ces pertes de pouvoir d’achat, est-ce que Genève va aider les familles qui peinent à joindre les deux bouts ? Non, les libéraux et les nationalistes s’apprêtent à leur couper des prestations sociales.

Face à ce scénario révoltant, les Socialistes ne doivent rien céder. Nous combattrons, au Parlement comme devant la population, chaque attaque portée aux droits sociaux et aux services publics.

Grégoire Carasso
Député au Grand Conseil — Codirecteur des Cafés Carasso, Adjoint académique à l'Université de Genève

A lire aussi

Le 14 juin, on me demandera de choisir entre mes convictions et mon mandat

Ela Bulen ÖztürkProchaine vient-ensuite au Conseil municipal de Thônex

Quand le jusqu’au-boutisme prime sur les besoins de la population

Florian SchweriConseiller municipal suppléant en Ville de Genève

Du symbole aux moyens : Genève passe à l’offensive pour le sport

Thierry ApothélozConseiller d'Etat