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Le bal des hypocrites

Caroline Marti, Cheffe de groupe
Alberto Velasco, Député au Grand Conseil
Thomas Wenger, Député au Grand Conseil


Après avoir refusé l’entrée en matière sur le budget 2022, la droite parlementaire, PLR en tête, a une nouvelle fois fait preuve de son dogmatisme et de sa profonde irresponsabilité lors des votes des crédits supplémentaires demandés par le Conseil d’État à la commission des finances. Si l’on peut regretter, d’un point de vue démocratique, que le vote de ces crédits se soit déroulé dans la confidentialité de la commission des finances plutôt que lors des débats publics de la plénière du Grand Conseil, il faut néanmoins se réjouir que la gauche ait su rallier les votes du MCG pour approuver ces moyens supplémentaires absolument essentiels au fonctionnement de l’État et à la délivrance des prestations.

Dans le contexte actuel de crise sanitaire, sociale, climatique et humanitaire majeure, les besoins de soutien de la population sont criants et le rôle de l’État n’a jamais été aussi central. Pourtant, les partis de droite profitent de cette situation de crise et de l’augmentation des dépenses publiques qu’elle engendre pour tenter d’accélérer son projet de démantèlement de l’État et de privatisation des services publics. Sa stratégie est limpide : réduire les moyens de l’État, aggraver le déficit budgétaire et ainsi justifier une politique d’austérité et de réduction des dépenses publiques. Ce processus est déjà en route comme le démontrent les initiatives de suppression de la taxe professionnelle et de l’imposition d’une partie du revenu sur la commune de travail, celle visant au gel des embauches dans la fonction publique en cas de budget déficitaire et les différentes motions présentées récemment pour mettre les associations en concurrence pour l’attribution des subventions ou le transfert de certaines missions de l’Hospice général à des associations.

Pour tenter de légitimer leur obsession pour l’austérité budgétaire, le PLR et les autres partis de droite distillent l’illusion qu’il est possible, moyennant quelques « réorganisations », de faire mieux avec moins. C’est évidemment un leurre. Ces discours creux confèrent à l’hypocrisie la plus crasse dès lors que l’on constate qu’une grande partie de l’augmentation des dépenses de l’État découle directement des actions politiques des partis de droite. Car au final, qu’est-ce qui fait augmenter les allocations logement, les subsides d’assurance maladie, les dépenses d’aide sociale ? C’est l’augmentation des loyers, des primes d’assurance maladie et la dégradation des conditions de travail qui précarisent la population. Or, les causes profondes de la précarité sont créées par la politique de la droite qui défend bec et ongles les intérêts économiques des assureurs, des propriétaires et des grandes entreprises au détriment de la population et de son pouvoir d’achat.

Une hypocrisie qui atteint un paroxysme lorsque le PLR se gargarise d’avoir mis fin aux hospitalisations sociales (présentation d’un projet de loi pour interdire cette pratique) sans proposer aucune solution alternative et durable puisque ce parti refuse systématiquement tous les crédits visant à éviter ces hospitalisations sociales à travers le développement de structures d’accueil adaptées et de programmes de soutien aux familles fragilisées.

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