Aller au contenu directement

Petite enfance : prise de conscience et évolution nationale !

Interview d’Amanda Ojalvo
Educatrice de l’enfance et Conseillère municipale en Ville de Genève


5 février, Genève : le PSS lance l’initiative sur les crèches pour que tout enfant ait accès à une place en accueil extrafamilial et qui soit abordable pour les familles. Le projet englobe aussi les conditions de travail du personnel et vise à favoriser la conciliation entre vies professionnelle, personnelle et familiale.

Amanda Ojalvo, éducatrice de l’enfance, Conseillère municipale, cofondatrice des Femmes socialistes genevoises, est confrontée à une vision minimaliste de sa profession. Comme les infirmier-ères, cette profession majoritairement féminine manque cruellement de reconnaissance et d’intérêt. Sa mission principale est celle « d’être à l’écoute, de développer des moyens de communication adaptés pour aider les enfants à développer leurs capacités cognitives, sociales et émotionnelles ». Autant de ressources qui demandent une formation de qualité, du temps et de l’engagement.

Qu’est-ce que tu attends de cette initiative ?
Une prise de conscience et une concrète évolution ! En contrant les préjugés et les clichés, en assurant de bonnes conditions de travail ainsi qu’un accès garanti pour chaque enfant. La société se doit d’être garante de son avenir et cela passe par les enfants.

Pourquoi ce secteur est oublié et n’est pas considéré par la droite comme un service public ?
C’est un milieu ultra-féminin qui a appris à se contenter des maigres acquis obtenus et n’ose pas revendiquer une juste reconnaissance à la mesure des responsabilités endossées. Ce combat est profondément socialiste car les conditions de travail, le niveau de formation du personnel et le taux d’encadrement des enfants sont précisément des enjeux qui ne doivent pas être guidés par le profit économique. D’autant plus que si ces paramètres sont élevés, meilleures seront les répercussions sur le développement des enfants et, in fine, sur la correction des inégalités sociales dès le plus jeune âge. C’est le premier outil à notre portée pour corriger le monde de demain.

Qu’est-ce que cette initiative pourrait concrètement changer à Genève ?
Genève étant souvent à l’avant-garde en matière de petite enfance, il est fort probable que l’impact soit plus réduit ici. Mais il s’agit de montrer un front uni au niveau national. En revanche, au niveau de la participation financière de l’État et de la valorisation de la formation de base, en la faisant évoluer du niveau ES à HES, cela poussera Genève à se montrer à la hauteur de ses ambitions.

Propos recueillis par Eloisa Gonzalez

A lire aussi

Le collège du travail a désormais une association d’ami-es !

Économie suisse et genevoise au top, conditions de travail c’est le flop

Oui à l’égalité des chances au cycle d’orientation