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Élections dans le monde: comment arrêter le bulldozer de droite ?

Il y a un an, les signaux étaient au rouge pour les sociaux-démocrates dans le monde. À chacune des élections de 2024, et pour la première fois depuis que cette statistique est étudiée, le parti au pouvoir avait perdu du terrain. Et même lorsque cette logique bénéficiait au camp progressiste, comme au Royaume-Uni, il s’agissait de victoires à la Pyrrhus.

En 2025, rien ne semblait pouvoir arrêter le trumpisme. En Espagne, en Argentine et en Allemagne, des pays qui ont pourtant longtemps souffert de dictatures d’extrême-droite, nous en avons eu la confirmation. Il faut que cela cesse au plus vite, car si la France et le Royaume-Uni passent du côté obscur, l’extrême-droite possédera plus de 92 % des bombes nucléaires dans le monde…

Cette tendance est évitable. La morale de 2024 n’est pas que les peuples glissent à droite, mais plutôt que le conservatisme leur semble être une solution préférable. Le contexte économique en est la principale cause : quand le niveau de vie baisse, la volonté de changer de gouvernement augmente. La plus forte progression de Donald Trump s’est réalisée auprès de gens qui se renseignaient peu ou pas sur les candidatures et les programmes, mais qui avaient conscience de leur précarisation et l’ont manifestée dans les urnes.

L’erreur stratégique commise par plusieurs mouvements sociaux-démocrates est de laisser la peur guider leurs choix. Au Danemark, leur maintien au pouvoir repose sur des postures islamophobes et anti-immigration. Pendant ce temps, au Canada et en Norvège, les victoires social-démocrates sont le résultat de discours affrontant sans détour le conservatisme rampant, tout en offrant une alternative plus convaincante et fiable. Une campagne visant à convaincre le peuple de se rassembler derrière un programme mobilise certainement mieux que de vouloir concurrencer l’extrême-droite en copiant ses idées.

Un programme, des convictions et l’absence de compromission ne suffisent toutefois pas. La confiance est accordée aux partis et aux candidatures ressenties comme capables d’amener du changement. Les sociaux-démocrates peinent souvent à prouver en être capables, car leur assise au pouvoir est souvent dépendante d’une coalition, et leur crainte du passage en force les prive régulièrement d’un bilan avant les élections suivantes.

C’est ici que les victoires comme celle de Zohran Mamdani, nouveau Maire de New York, ne pourront être durables que si les promesses sont tenues, et dans son cas : gratuité des bus publics, gratuité des crèches municipales et gel des loyers. La recette pour rendre la gauche plus populaire, gagner des élections et ainsi enrayer le bulldozer de droite semble ainsi prendre forme : un programme en phase avec les problèmes économiques du moment, quelques mesures phares, et des intentions crédibles de les concrétiser par tous les moyens légaux. À l’orée des prochaines élections fédérales et cantonales, quelles seraient les trois grandes priorités du PS Genevois ?

Diego Esteban
Ancien Député au Grand Conseil

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