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Viv(r)e la démocratie

Les campagnes électorales se ressemblent : l’excitation de l’action, le plaisir de la rencontre et la fatigue des longues sessions de tractage. Celle du printemps à Vernier était de ce bois-là, mais des rumeurs persistantes sur des méthodes de campagne agressives de LJS remontaient, voilant l’optimisme d’une équipe de candidat-es socialistes motivé-es.

Le 23 mars arriva. Les résultats au Conseil municipal montraient que le PS maintenait ses sièges. Mais, LJS réalisait une percée étonnante. Des candidat-es PS, PLR et LJS passaient devant les têtes de liste de leur parti, malaise.

Les jours suivants, la presse confirma les doutes du PS Vernier quant à la régularité de l’élection. Il fut décidé, avec d’autres, de recourir. La démocratie était attaquée, il fallait la défendre.

Malgré des expertises graphologiques démontrant la fraude massive, le Conseil d’État défendit le résultat, mais la justice annula l’élection. De nouvelles élections furent programmées pour le 30 novembre.

Les révélations sur les méthodes supposées de la liste LJS, devenue LED, fleurirent dans les journaux. La Chancellerie alertée déposa plusieurs dénonciations pénales. L’anxiété s’installa.

Le 30 novembre, le Conseil d’État suspendit les résultats. Presque 200 bulletins était suspects, remplis par de mêmes mains. Sentiment de dégoût.
Puis, le 17 décembre, le Conseil d’État, malgré des irrégularités avérées valida l’élection. La nécessité d’un Conseil municipal l’emportait.

Puis, dans un déroulé familier, les articles de presse mirent en lumière des anomalies incompréhensibles, cette fois sur les bulletins biffés. Les fraudes auraient-elles changé de couleurs, moins vives ? Le PS Vernier accompagné de sympathisant-es d’autres partis fit à nouveau recours.

Cette histoire n’est donc pas terminée. Mais je partage les leçons que j’en ai déjà tirées.

La démocratie est fragile. Sans la mobilisation d’une poignée de citoyen-nes, notamment socialistes, et l’abnégation de journalistes, les élections de mars auraient été validées et la démocratie bafouée.

Une leçon plus personnelle pour terminer. La politique est dure. Son exercice parfois solitaire. Le découragement face aux petites et grandes lâchetés jamais loin. Mais, dans nos valeurs socialistes et notre camaraderie, nous pouvons et devons tirer la volonté et l’énergie de se tenir droit-es pour protéger la démocratie.

Martin Staub
Conseiller administratif à Vernier

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