Le salaire minimum à Genève est de nouveau attaqué. Mais d’où vient-il ?
Le salaire minimum légal résulte d’une initiative lancée par les syndicats en 2018 et acceptée par la population à 58 % en septembre 2020. Il était soutenu par l’ensemble de la gauche et de nombreuses organisations. La récolte des signatures avait été fulgurante : en trois semaines, c’était bouclé. Les gens faisaient la queue pour signer.
Depuis son entrée en vigueur, quel bilan ?
Contrairement aux discours alarmistes du patronat, il n’y a eu aucun cataclysme économique. Les entreprises s’en sont très bien accommodées. Le salaire minimum est aujourd’hui indexé chaque année et fonctionne.
Alors pourquoi cette nouvelle attaque en prétextant le “sauvetage des jobs d’été” ?
Parce que la droite et le patronat n’ont jamais digéré leur défaite. C’est un combat idéologique. Ils refusent le principe même d’un salaire minimum légal. Les jobs d’été sont un prétexte pour créer une brèche, sans attaquer frontalement le dispositif.
Pourquoi viser les étudiant-es ?
Ils et elles sont perçu-es comme une cible facile. La droite part du principe qu’un job sous-payé vaudrait mieux que pas de job du tout. C’est faux. Les étudiant-es ont besoin de ce revenu pour payer leur loyer, leurs assurances, leur quotidien. Ce n’est pas de l’argent de poche.
Quels sont les risques à long terme si cette attaque venait à passer ?
Si on accepte l’idée que des personnes “peu qualifiées” mériteraient un salaire inférieur, alors d’autres catégories suivront. Après les étudiant-es, ce sera le personnel non qualifié en général. L’objectif est clair : fragiliser le consensus populaire autour du salaire minimum. Cette attaque s’inscrit dans une offensive plus large contre les jeunes : coupes dans la formation à la HES-SO, attaques contre l’aide sociale, hausse des taxes. Alors bien évidemment il y a toutes les raisons de voter NON à l’attaque contre le salaire minimum le 8 mars.
Propos recueillis par Adrien Rastello