Aller au contenu directement

Transports ’45 : oui au rail, non au retour des autoroutes refusées

Denis Chiaradonna
Juriste d'entreprise

Près de 2 ans après le refus des extensions autoroutières en votation et l’annonce de surcoûts massifs pour le rail, le Conseil fédéral a présenté « Transports ’45 ». Pour la première fois, le rail, la route et les projets d’agglomération sont planifiés dans un seul paquet, avec des priorités fixées jusqu’en 2045. La consultation s’est close le 9 octobre.

Ce qui va dans le bon sens
La vision intermodale est un progrès : on cesse d’opposer les modes de transport et on hiérarchise les projets selon leur utilité. Pour notre région, l’extension de Cornavin est confirmée comme projet clé, et l’axe Genève-Lausanne doit recevoir 6 à 7 milliards, même si cela ne résout pas la sécurisation de cet axe clé. Les projets d’agglomération restent soutenus, ce qui est essentiel pour les transports publics du quotidien. De plus, les projets d’agglomération sont renforcés : pour le Grand Genève, la Confédération prévoit 191 millions, avec un cofinancement porté à 40 %. Elle retient 54 mesures sur 56, dont l’interface multimodale de l’aéroport, les voies cyclables Genève-Versoix et Genève-Saint-Genis et l’électrification des bus tpg.

Ce qui pose problème
D’abord, le respect de la volonté populaire : des élargissements d’autoroute rejetés en novembre 2024, notamment sur l’A1, reviennent par la petite porte. Le Canton de Genève avait pourtant dit non à près de 57%. Ensuite, le rail romand reste en retrait : des étapes promises sont reportées et la redondance Genève-Lausanne (pour éviter un « Tolochenaz bis »), clé de voûte pour la sécurisation de cet axe stratégique, tarde. Enfin, le financement est fragile : le rail dépend de la prolongation du pour mille de TVA affecté au fonds ferroviaire.

Notre position
Le PS genevois, en coordination avec le PS suisse, soutient une planification coordonnée, mais pas à n’importe quel prix. Nous demandons :

  • le retrait des extensions autoroutières refusées par le peuple ;
  • l’accélération de la redondance Genève-Lausanne  et des liaisons directes et plus rapides vers la Suisse alémanique et l’axe Est-Ouest vers Lyon et le sud de l’Europe ;
  • un financement ferroviaire assuré, sans report de charges sur les cantons et les usagers ;
  • un aménagement d’un quai supplémentaire à la gare de Lancy Pont-Rouge pour accueillir un train vers Londres.

Cette consultation et la ligne adoptée permettent de fédérer la société civile et de préparer la suite. À Genève, une large coalition d’associations environnementales et de riverains s’oppose à l’élargissement de l’A1 entre Perly et Vernier. Des communes, dont la Ville de Vernier, ont aussi pris position dans le même sens.

Prochaines étapes
La Confédération analyse maintenant les prises de position. Le message au Parlement est attendu en 2027, suivi d’un second volet en 2031. C’est aux Chambres que se jouera la répartition des milliards : nous y défendrons le rail et le respect du vote populaire. Un référendum n’est pas exclu si les autoroutes refusées réapparaissent dans le texte final.

Thématiques associées: Mobilité

A lire aussi

Par Caroline Marti

Ne prenons pas l’autoroute à contre-sens

Dans les années soixante, nos ainé-es ont pris une décision qui, aujourd’hui, nous parait absurde et lourde de conséquences : arracher les lignes de tram pour faire de la place à la voiture....

Par Caroline Renold

Loyers abordables et transports publics abordables

Les coûts de la vie explosent mais la droite en rajoute ! C’est grâce aux référendums lancés par le Parti socialiste et ses allié-es, ainsi qu’une large coalition d’associations, que...

Par Matthieu Jotterand

La valse des tarifs tpg : récapitulons !

Lors de la séance du Grand Conseil de la semaine passée, les tarifs tpg ont fait l’objet de discussions nourries qui n’ont – momentanément – abouti à rien, contrairement à ce que le coup ...