Le Grand Conseil a confirmé son refus de l’initiative socialiste « Pour une contraception gratuite » (IN 198), déposée en décembre 2023 avec près de 7’000 signatures. Alors que la majorité de droite entendait y opposer un contreprojet cosmétique, largement insuffisant, elle a finalement refusé son propre texte au gré d’une erreur dans les votes. Le PS genevois se réjouit de mener la campagne en faveur de son initiative, désormais seule proposition sur la table.
Comme l’ont rappelé les Socialistes ce soir, l’accès à la contraception est un enjeu de santé publique fondamental : il renforce l’autonomie des personnes, réduit les grossesses non désirées et contribue à la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST).
Or, à l’heure actuelle, les obstacles financiers continuent de freiner l’accès à une contraception adaptée. Faute de revenus suffisants, de nombreuses personnes sont contraintes de renoncer aux méthodes les plus efficaces, qui sont aussi souvent les plus coûteuses.
En matière de prise en charge des frais contraceptifs, la Suisse accuse un sérieux retard et se distingue tristement de ses voisins. Alors même qu’elle nécessite une consultation et une ordonnance médicales, la contraception reste – de manière incompréhensible – exclue du catalogue de l’assurance maladie. Cet état de fait a des conséquences concrètes, et parfois graves (Genève est le canton qui affiche le plus haut taux d’interruptions volontaires de grossesses du pays et les IST sont en hausse).
Face au rappel de cette réalité, le Conseil d’État avait d’abord suggéré, sans véritable argument ni faits à l’appui, de cibler uniquement les femmes de moins de 25 ans et d’exclure les préservatifs du subventionnement. Par la suite, la majorité de droite parlementaire, emmenée par le PLR, a élaboré un contreprojet alibi, se bornant à rappeler un devoir d’information et à prévoir la mise à disposition gratuite de préservatifs (ce que font déjà plusieurs associations).
Ce texte sans ambition n’aurait rien résolu. Il ne garantissait pas l’accès universel à une contraception adaptée et ne corrigeait pas les inégalités de genre persistantes dans ce domaine (la charge continuant de peser quasi-exclusivement sur les femmes). En enfonçant des portes ouvertes, il n’aurait apporté aucune réponse satisfaisante à la situation sociale et sanitaire actuelle, en particulier des femmes.
Alors que le soutien à cette coquille vide semblait acquis, au moment du vote, à la surprise générale, les groupes de droite se sont finalement emmêlé les pinceaux et ont balayé leur propre texte ! C’est donc sans contreprojet que l’initiative sera soumise au peuple.
Le résultat de cet imbroglio a le mérite de clarifier la situation. En votation, la population aura un choix clair à faire : faire entrer Genève dans le XXIe siècle et lui permettre d’être une nouvelle fois pionnier en matière de santé sexuelle et reproductive (comme il avait su l’être en introduisant dès 2001 une assurance maternité), ou laisser perdurer un statu quo injuste et de plus en plus insoutenable.
Au vu du résultat des travaux parlementaires, attestant de la réticence de la majorité de droite à apporter de véritables solutions en matière d’égalité dans la contraception, un signal politique fort est indispensable. Le PS genevois appelle donc d’ores et déjà la population à soutenir massivement l’initiative « Pour une contraception gratuite » dans les urnes. Pour la santé publique, pour l’autonomie reproductive et pour l’égalité des genres.
Lire le rapport de la commission de la santé
Pour plus d’informations :
- Jacklean Kalibala, commissaire à la santé et rapporteuse de minorité
- Matthieu Jotterand, chef du groupe socialiste
- Thomas Wenger, président du PS genevois