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Expérimentation animale et humaine : non à une initiative qui va trop loin

Par Élisabeth Baume-Schneider
Conseillère aux États


Initiative populaire « Oui à l’interdiction de l’expérimentation animale et humaine – Oui aux approches de recherche qui favorisent la sécurité et le progrès ».

L’initiative déposée en mars 2019 poursuit un noble objectif que personne ne contestera, soit lutter contre la souffrance animale. Toutefois, si sa finalité est vertueuse, force est de constater que le complet changement de paradigme qui nous est proposé signifie clairement la suppression de toute expérimentation animale ou humaine en Suisse. Une telle interdiction aurait des conséquences négatives en matière de santé publique. L’initiative prévoit également d’interdire le commerce et l’importation de produits dont un composant a été développé via une expérimentation animale, avec à la clé un isolement de la Suisse dans le champ de la recherche. De plus avec l’interdiction de toute recherche sur l’être humain, il s’agirait de renoncer aux projets développés dans le cadre de la médecine, de la biologie, mais aussi en psychologie ou en sociologie.

Le débat aux Chambres fédérales, en s’appuyant sur l’avis des milieux scientifiques et des organisations de protection des animaux, a mis à jour la dimension excessive de l’initiative. La Protection Suisse des Animaux (PSA) estime qu’aucune initiative qui ignore les décisions internationales et isole la Suisse sur le plan géographique et économique ne peut être soutenue, tandis que la Fondation Animalfree Research considère que l’objectif de se passer de toute recherche sur les animaux doit être atteint par étape. Aussi bien le Fonds national suisse de la recherche (FNS), swissuniversities ou encore l’Académie suisse des sciences médicales (ASS M) précisent que l’expérimentation animale est nécessaire à l’acquisition de connaissances fondamentales et au développement de nouveaux procédés médicaux.

La question demeure sensible ; bien que le nombre d’expériences sur des animaux de laboratoire ait passé de près de deux millions en 1983 à 572’000 en 2019, il demeure essentiel de continuer à réduire les contraintes. En fonction de l’art. 80 de la Constitution, la protection des animaux exige le respect de protocoles issus d’autorisations strictes et les expériences pouvant causer des douleurs, des dommages ou de l’anxiété doivent être limitées à l’indispensable.

Il convient encore de mentionner le Programme de Recherche National PNR79 qui visent à déterminer comment réduire le nombre d’expériences sur les animaux en prenant en considération des aspects éthiques et sociétaux. Les principes de la recherche 3R (replace, reduce, refine), soit remplacer, réduire et réformer sont prometteurs.

En conclusion et à l’instar des Chambres fédérales qui ont refusé l’initiative avec 195 voix au National et 42 voix et 2 abstentions aux états, je vous invite à refuser l’initiative.

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