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Le fonds climat : se donner enfin les moyens d’agir

Pierre-Louis Schmitt
Commission de l’environnement et de l’énergie

Le 8 mars prochain, nous voterons sur l’initiative pour la création d’un « Fonds climat ». Une proposition lancée par les Vert-e-s, que nous soutenons, et qui pose une question simple : sommes-nous prêt-es à mettre les moyens nécessaires pour réussir la transition écologique ?

Concrètement, l’initiative prévoit de consacrer chaque année entre 0,5 et 1 % du PIB, soit 4 à 8 milliards de francs jusqu’à 2050 (ou avant si les objectifs sont atteints, mais chacun voit l’ampleur du défi) pour financer la transition énergétique : installation de nouvelles énergies renouvelables, rénovation des bâtiments, développement de la mobilité douce, protection de la biodiversité et formation aux métiers de la transition. Et surtout, ces investissements seraient réalisés ici, en Suisse, soutenant l’emploi local et l’innovation.

Tous ces éléments figurent déjà dans notre programme. Des financements existent, mais ils ne sont ni à la hauteur des ambitions, ni à celle des enjeux.

Et pourtant, en matière de transition énergétique, l’argent est le nerf de la guerre. Une étude de 2021 publiée par SwissBanking estime que les objectifs et les engagements pris par la Confédération nécessitent environ 12 milliards de francs par an. Aujourd’hui, les soutiens s’élèvent, selon les estimations, à environ 3 milliards de francs. Il en manque, et beaucoup. 

Sans grande surprise avec une majorité de droite, cette proposition a été rejetée à Berne par les deux chambres et le Conseil fédéral n’a pas formulé de contre-projet.

La disposition est pourtant souple dans son application. Elle ne fixe ni objectifs particuliers, ni impôt dédié, ni clef de répartition entre les cantons, ni montants définis par filière. C’est ce point qui concentre les critiques, c’est pourtant la grande force de cette proposition.

L’idée n’est pas ici de définir des objectifs et d’espérer les atteindre — les Accords de Paris ont plus de dix ans et, avec les politiques actuelles, les objectifs principaux sont aujourd’hui hors de portée — l’idée est de déterminer les moyens financiers que nous sommes prêt-es à engager pour garantir que les objectifs climatiques puissent réellement être atteints.

La vraie question est donc simple : combien sommes-nous prêt-es à investir pour protéger notre climat, notre qualité de vie et les générations futures ?

Face à l’urgence climatique, il est temps de passer des intentions aux actes.
Le 8 mars, donnons-nous les moyens de nos ambitions. Votons oui au Fonds climat.

Thématiques associées: Environnement, énergie et agriculture

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