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NON à la dégradation des conditions de travail!

Romain De Sainte Marie
Député au Grand Conseil

Le 14 juin, les Genevoises et Genevois voteront une nouvelle fois sur les horaires d’ouverture des magasins. Derrière ce projet de loi se cache une offensive claire contre les conditions de travail dans le commerce de détail.

En 2021 déjà, la population avait refusé l’extension des ouvertures dominicales. Ce vote exprimait un message simple: la santé, la vie familiale et les droits des salarié-es doivent être des priorités. Pourtant, la droite et les milieux patronaux n’ont jamais accepté ce verdict démocratique et reviennent aujourd’hui avec une nouvelle attaque.

Le compromis genevois actuel reposait sur un principe équilibré: davantage de flexibilité n’était possible qu’en échange de protections fortes garanties par une convention collective de travail étendue. En d’autres termes, si les employé-es devaient travailler plus, ils devaient au minimum bénéficier de meilleures conditions salariales et sociales.

Car derrière ces débats techniques, il y a une réalité humaine. Dans la vente, les horaires coupés, le travail du soir et du week-end, la pression constante et les bas salaires pèsent lourdement sur les salarié-es. Et ce sont majoritairement des femmes qui occupent ces emplois, souvent déjà confrontées à une double charge entre travail professionnel et responsabilités familiales.

Contrairement au discours de la droite, ouvrir davantage les magasins ne sauvera pas le commerce genevois. Les difficultés du secteur viennent avant tout du tourisme d’achat frontalier, de la vie chère et de la concurrence du commerce en ligne. Étendre les horaires ne crée pas de pouvoir d’achat supplémentaire: cela impose simplement plus de contraintes aux employé-es.

Après la décision du Tribunal fédéral invalidant le système actuel, le Conseil d’État aurait dû reconstruire un équilibre protégeant réellement les travailleurs et travailleuses. Au lieu de cela, la majorité de droite organise une votation biaisée où la population se retrouve sommée d’accepter une dégradation des conditions de travail.

Le 14 juin, il faudra dire non à cette logique de précarisation permanente. Défendre des horaires décents, c’est défendre la santé, la vie de famille et la dignité des salarié-es. Le progrès social ne consiste pas à faire travailler toujours plus longtemps celles et ceux qui tiennent déjà notre économie à bout de bras.

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