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NON à l’initiative liberticide et ouvertement islamophobe !

Yasmine Berrada
Conseillère municipale en Ville de genève

L’initiative portée par la droite genevoise, visant à interdire les signes religieux ostentatoires dans les Conseils municipaux et au Grand Conseil pose un problème majeur pour les libertés individuelles. Sous prétexte de défendre la laïcité, elle risque surtout de limiter la liberté de conscience et de stigmatiser certaines minorités religieuses, en particulier les femmes musulmanes portant le voile.

La laïcité signifie que l’État doit rester neutre face aux religions. En revanche, les citoyen-nes doivent rester libres d’exprimer leurs convictions, et pouvoir exercer leur droit de siéger en portant la tenue dans laquelle ils et elles ont été élu-es par le peuple.

Interdire des signes religieux visibles revient à demander à certaines personnes de cacher une partie de leur identité pour être acceptées dans l’espace politique, voire à renoncer à leur implication politique. C’est le cas de certaines de nos camarades élues communales socialistes qui devront renoncer à leur engagement et à l’exercice de leur mandat.

Cette initiative pourrait même s’avérer contre-productive. Rien ne prouve qu’interdire le port de signes religieux améliore la cohésion sociale. Au contraire, ce type de mesure peut renforcer les discriminations et créer davantage de divisions dans la société. Il s’agit d’une attaque contre l’un des moyens les plus efficaces d’intégration : se présenter à des élections locales. Et ce, sans rappeler que Genève est un canton international et ouvert, reconnu pour son attachement aux droits humains et au respect de la diversité. Une telle interdiction serait en contradiction avec ces valeurs.

Enfin, cette initiative sert de prétexte à étendre la politique islamophobe menée par la droite. En effet, la loi sur la laïcité votée en 2018, qui concerne actuellement uniquement les agent-es de l’État exposé-es au public, avait aussi tenté de toucher les élu-es. Mais cette dernière condition avait été invalidée par la Chambre constitutionnelle genevoise. Signe que l’on fait face à un réel acharnement de la droite contre les minorités religieuses, et particulièrement les femmes musulmanes portant le voile. 

Voter non, c’est défendre les libertés fondamentales, le respect des différences et une vision inclusive de la société genevoise.

Thématiques associées: Droits fondamentaux

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